Témoignages des utilisateurs

Xavier Blanc

Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

Xavier Blanc : Je suis psychologue en libéral à Valence (en Région Rhône-Alpes). Je suis spécialisé dans l’accompagnement des enfants et des adultes à haut potentiel. J’utilise essentiellement le WISC-V et la WAIS-IV.

Pourquoi vous êtes-vous tourné vers la solution Q-interactive ?

X.B. : Je m’intéressais à la nouvelle version du WISC quand j’ai découvert la possibilité de proposer une évaluation sur tablette : j’ai tout de suite été tenté, car j’y ai vu la possibilité d’un vrai gain de sécurité de cotation et de temps au niveau de l’analyse. Jusque là, nous utilisions la version papier/crayon où je trouvais le compte rendu très laborieux et peu précis. Avec le WISC-V sur Q-Interactive, je n’ai plus besoin de reprendre tous les chiffres, les bilans sont moins longs à faire, le rapport est optimisé.

Comment Q-interactive a changé votre pratique ?

X.B. : Il y a une possibilité d’analyse plus fine et assurée des résultats. Avec la version papier/crayon, je devais reprendre tous les rapports, tous les chiffres ce qui me prenait du temps. Alors que là, d’un clic j’ai un rapport avec toutes les données et avec une sécurisation des calculs. La marge d’erreur due à la saisie est très limitée. Je complète toujours mon bilan cognitif par un bilan psychoaffectif. J’ai plus de temps pour faire un retour à mes patients, pour entreprendre un accompagnement ou pour affiner mon anamnèse.

Comment vos patients accueillent le fait de passer le test sur tablette ?

X.B. : Pour la plupart des enfants, la motivation est au rendez-vous, c’est flagrant. Les plus petits, jusqu’à 6 ou 7 ans, peuvent parfois être un peu gênés par le manque de dextérité dans la saisie des réponses pour Code et Symboles. Il y a des cas où j’ai dû reprendre mes notes pour relativiser un peu les résultats.
Et en même temps, en version papier, sur Code et Symboles, la partie graphique, motricité fine était un biais sur la vitesse de traitement, qui n’existe donc plus sur Q-interactive. Du côté des adultes, les « anciennes générations » ne sont pas toujours à l’aise avec un iPad, mais il n’y a jamais de refus non plus. Juste peut-être une petite appréhension supplémentaire. Quant à moi, j’observe quand même un plus grand confort de passation.

Pouvez-vous nous en dire plus concernant ce « confort de passation » ?

X.B. : Je n’ai plus vraiment besoin des consignes je commence à bien les connaître. Mais je les ai toujours sous les yeux au cas où. Je peux également aller chercher les données sans tourner des pages, ce qui dans la version papier/crayon mettait parfois à mal la relation avec le patient. C’est plus intuitif et rapide sur l’iPad pour trouver les informations. Je pense aussi notamment à la cotation des épreuves verbales (chercher si la réponse vaut 0, 1 ou 2 points,ou si la réponse justifie une question de relance) qui peut être assez laborieuse sur la version papier. Ici c’est quand même plus simple et plus accessible, on a tout sous les yeux. La cotation à Cubes est aussi plus aisée avec le chronomètre inclus dans la tablette et du coup plus discret. Il en est de même pour Mémoire des Images. On prend vite des automatismes et du coup on est plus concentré sur l’observation que sur la passation en elle-même. Il y a tout de même un temps d’adaptation nécessaire pour ce nouveau support. Lors des premières passations, j’étais plus concentré sur les consignes pour ne pas faire d’erreur.

Je dois avouer qu’avant de passer sur Q-interactive, j’évitais de faire du bilan parce que je trouvais que ça prenait beaucoup de temps. Alors que là, il y a un côté plus agréable dans la relation avec le patient. Je peux faire des comptes rendus complets sans que ce soit compliqué à gérer. Le rapport des résultats est disponible tout de suite puisque tout est coté en quelques secondes, donc on peut faire un premier retour immédiatement. Ce qui est particulièrement important avec les adultes, qui peuvent être un peu mal à l’aise en attendant des résultats. Je peux me concentrer beaucoup plus vite sur l’accompagnement, ce qui est quand même ma mission principale.

Sophie Chouraki Psychologue EN

Pouvez-vous présenter votre pratique/mission ?

Sophie Chouraki : Je travaille sur une demi-circonscription, ce qui correspond à 11 écoles primaires et maternelles, soit environ 2000 élèves. Je rencontre environ 80 situations par an. Ces rendez-vous sont généralement proposés dans trois cas différents : dans le cadre d’une orientation scolaire, en cours de scolarité pour des aménagements ou à la suite de difficultés scolaires ou comportementales qui perdurent dans le temps.

Pourquoi utilisez-vous l'évaluation digitale Q-interactive ?

S.C. : Au moment où nous cherchions à acquérir le WISC-V (échelle de Wechsler pour enfants et adolescents), j’ai eu des problèmes de santé. Comme je me déplace d’école en école, je recherchais du matériel pas trop lourd à transporter. Je me suis orientée vers ce format digital que je trouvais plus adapté et surtout plus pratique. Le fait de travailler sur iPad me permet également de profiter des autres services comme prendre des notes sur ce qui se passe en séance, ou utiliser l’agenda.

Comment avez-vous obtenu le financement nécessaire ?

S.C. : C’est la mairie qui s’est occupée du financement de Q-interactive. Dans ma circonscription, une commune nous accueille et s’occupe de solliciter une participation financière aux autres communes dans lesquelles nous travaillons. Je leur ai expliqué les raisons pour lesquelles je préférais ce format-là, et on a simplement fait une comparaison de coût. J’ai fait faire un devis avec le prix des iPad, de la licence et des subtests et comme cela revenait à peu près au même coût qu’opter pour le format papier-crayon avec les protocoles, ça n’a pas posé de difficultés.

Quel(s) test(s)utilisez-vous et de quelle manière (en entier ou sélection de subtests ?)

S.C. : Travaillant auprès d’enfants uniquement, je n’utilise que le WISC-V sur Q-interactive*. La plupart du temps, je prépare une batterie composée des 10 principaux subtests et j’ajoute ensuite en fonction des résultats ou de mes hypothèses, les subtests complémentaires qui m’intéressent pendant la passation. Lorsqu’un subtest est échoué, je complète avec un autre pour voir si les résultats vont dans le même sens. Il m’arrive également d’utiliser l’indice non verbal quand j’ai face à un moi un enfant parlant mal le français.

Comment s'est passée la prise en main de Q-interactive ?

S.C. : J’ai eu besoin de temps pour me familiariser à la plateforme Q-interactive. Au début j’étais très concentrée sur la procédure à suivre et donc moins disponible pour l’enfant. Maintenant ça fait vraiment partie intégrante de ma pratique de bilan.

En tant que psychologue de l’Education Nationale, ça nécessite une préparation en amont. Comme je me rends dans des écoles où il n’y a pas toujours Internet**, je prépare à l’avance les différentes batteries des enfants que je vais recevoir dans la semaine en renseignant leurs nom et date de naissance. Et j’ai toujours une batterie d’avance sur mon iPad au cas où j’aurais un bilan à faire qui n’était pas prévu.

Qu'est-ce que la passation numérique sur Q-interactive a modifié dans votre pratique du bilan scolaire ?

S.C. : L’accès instantané aux résultats me permet de valider ou d’invalider mes hypothèses cliniques et mes impressions, au fur et à mesure de la passation. J’adopte ainsi un regard plus juste et plus objectif sur les compétences de l’enfant. Je gagne du temps sur la cotation puisque les calculs sont automatiques. L’analyse, quant à elle, me demande le même temps qu’avant. Le support étant plus ludique, je trouve que l’attention et la motivation sont davantage mobilisées, aussi bien pour l’enfant que pour le professionnel.

Comment réagissent les élèves face à la passation sur tablette ?

S.C. : Les enfants se montrent plus persévérants sur ce support, ils sont plus coopératifs.
Je rencontre parfois des enfants qui n’ont jamais vu de tablette. Dans ce cas, je leur présente, leur explique la procédure et rapidement ils apprécient, et n’ont pas d’appréhension particulière.
Comme il y a des temps sur tablette, et des temps sans, j’apprécie observer comment l’enfant gère l’alternance de ces moments et je m’en sers dans ma clinique. Je pose d’abord le cadre en lui expliquant que nous n’allons pas utiliser l’iPad pour regarder des vidéos ou jouer comme il peut en avoir l’habitude, mais pour passer un test. Et ensuite je regarde s’il est capable de suivre les consignes, et comment il gère la frustration.
Parfois certaines choses surprennent les enfants. Par exemple lors des épreuves imagées comme Matrices ou Puzzles Visuels, ils sont surpris de ne pas avoir de retour visuel de l’image qu’ils ont sélectionnée. Mais c’est finalement comme sur la version papier-crayon.

Nous avons parfois des retours de professionnels disant que ce format numérique est difficilement compatible avec le fonctionnement de l'Éducation Nationale. Qu'en pensez-vous ?

S.C. : En effet, certains collègues me font des retours similaires. Tout d’abord, ils craignent une augmentation de l’exposition des écrans pour les enfants. Certains n’ont pas envie de payer au subtest. Ils ont également l’inquiétude de ne pas suffisamment maîtriser la passation sur tablette pour être disponible et à l’écoute de l’enfant. Pour finir, ils craignent de ne plus savoir coter les protocoles, du fait de la correction automatique. De mon point de vue, je trouve que ça me facilite la tâche et me fait gagner du temps, je n’ai pas l’impression de moins comprendre les résultats que j’obtiens. Au besoin, je peux toujours me référer au manuel.

Quels sont les avantages de Q-interactive selon vous ?

S.C. : Je trouve que cet outil est beaucoup plus pratique car tout est indiqué, il y a moins de risque d’erreur. Au format papier, lors des épreuves verbales par exemple, nous sommes régulièrement obligés de revenir au manuel pour coter les réponses du patient. C’est quelque chose que je n’ai plus besoin de faire avec le format numérique puisque nous avons toutes les réponses sous les yeux.
Dans la passation des épreuves imagées, ce qui est très confortable, c’est d’avoir systématiquement les réponses de l’enfant et celles attendues, matérialisées par des codes couleurs.
Ensuite de manière générale, c’est vraiment intuitif. On peut facilement retourner à un item coté pour le modifier. Il arrive parfois que les enfants se trompent de réponse, et on peut alors revenir en arrière pour qu’il corrige sa réponse. C’est assez simple d’utilisation.
Les guides d’utilisation et manuels mis à disposition sont clairs, ils m’ont permis de répondre à mes questionnements.
Et puis, dans l’application, tout est précisé : les règles d’arrêt, le chronomètre, c’est un vrai plus. Avant, je devais avoir mon téléphone, surveiller chaque épreuve. Maintenant que je maîtrise le fonctionnement, je me sens bien plus disponible pour l’enfant.

* Q-interactive vous donne accès à plusieurs tests en fonction de votre profession : WISC-V, WAIS-IV, MEM-IV, CELF 5. Lors d’une passation, vous choisissez les subtests que vous souhaitez administrer.
** Une connexion Internet est nécessaire, en amont, pour paramétrer la passation mais ne l’est plus pour l’administration du test sur l’iPad. La connexion entre les iPad se fait en Bluetooth. Il est possible d’ajouter des subtests pendant la passation, sans connexion Internet.